"Cette année, j'aimerais un bon emploi, bien payé, un patron sympa et des collègues marrants ..."
L'idée n'est pas de moi mais d'une newsletter (celle L*sJ**d*s.c*m en l'occurence).
Et vous, vous y croyez encore au père Noël ?
Blog exutoire permettant aux consultants d'extérioriser tous les problèmes qu'ils peuvent rencontrer que ce soit dans le cadre de leur mission chez le client ou bien avec leur propre société : incompréhension, mauvaise foi, indifférence, langue de bois ...
27 décembre 2007
22 décembre 2007
Politique salariale (et pas times propre)
La politique de mon employeur transpire en ce moment le capitalisme affiché.
Il y a d'abord eu mon entretien annuel, dans lequel on m'a dit que j'étais parmi les mieux payés et que, par conséquent, mon augmentation serait minime. Je ne suis pas le seul dans ce cas.
Il y a ensuite une interview de la responsable des ressources humaine, qui clame haut et fort que la tendance en interne doit prendre le contre pied du marché et ne pas augmenter les salaires pour pouvoir conserver les marges. Opération séduction des fonds de pension en cours
Il y a aussi l'embauche de jeunes diplômes, salaires négociés à des prix plancher. Anciens hotliners vendus aux clients comme ingénieurs.
Il y a enfin le cynisme affiché de mon commercial, qui m'envoie « chercher mieux ailleurs » sans chercher à me retenir.
Bref, il y a quelque chose de pourri dans l'ambiance de ma boîte ... Ma requête sera donc de la quitter (ma société, pas ma requête hein ...).
Il y a d'abord eu mon entretien annuel, dans lequel on m'a dit que j'étais parmi les mieux payés et que, par conséquent, mon augmentation serait minime. Je ne suis pas le seul dans ce cas.
Il y a ensuite une interview de la responsable des ressources humaine, qui clame haut et fort que la tendance en interne doit prendre le contre pied du marché et ne pas augmenter les salaires pour pouvoir conserver les marges. Opération séduction des fonds de pension en cours
Il y a aussi l'embauche de jeunes diplômes, salaires négociés à des prix plancher. Anciens hotliners vendus aux clients comme ingénieurs.
Il y a enfin le cynisme affiché de mon commercial, qui m'envoie « chercher mieux ailleurs » sans chercher à me retenir.
Bref, il y a quelque chose de pourri dans l'ambiance de ma boîte ... Ma requête sera donc de la quitter (ma société, pas ma requête hein ...).
Entretiens
Ayant passé pas mal d'entetiens ces dernières semaines, je me suis laissé tenté par un petit article best of, comme chez M*cD*. Relater mes expériences, parfois malheureuses, devrait pouvoir faire office de soupape préalable à de bonnes vacances. :-)
Tout commence avec un appel téléphonique. Après la traditionnelle entête au protocole de communication inter humain bonjour, la personne annonce généralement ses nom et prénom avec une célérité confinant au subliminal (toujours avoir de quoi prendre des notes sous la main quand on décroche ...). Puis vient systématiquement le sacro-saint je ne vous dérange pas ?. Ben si, pauvre pomme, je suis en pleine réunion de présentation des tableaux de bords des résultats du demi trimestre écoulé. Mais comme j'attendais ton coup de fil avec impatience consommée parce que t'es mon idole, j'avais rentré ta ligne directe dans mon portable rien que pour pouvoir te répondre et je m'en vais laisser poireauter les pontes du directoire. Enfin passons ...
S'ensuit généralement une remise de contexe: on s'était vus au salon machin chose. Je sais, j'ai fait que celui là, banane ! Et on embraye ensuite sur les questions « centre de tri »: est-ce que vous êtes toujours en poste ?, est-ce que vous êtes toujours en recherche ?, est-ce que vous êtes toujours en ligne ?, est-ce qu'on peut se voir ? ... Enfin, on y arrive; il lui en aura fallu du temps. Cela dit c'est toujours mieux qu'avec les filles quand j'étais ado, là je ne suis jamais arrivé jusqu'à cette phase.
La prise de rendez-vous en ce moment est un numéro de funambule jongleur. Force est de constater qu'en ce moment, ça brasse grave. De l'aveu même d'une recruteuse, la période est propice à la recherche de profils expérimentés et pas mal de personnes en poste passent leurs soirées en entretien. Il n'est déjà pas facile de trouver des disponibilités lorsqu'on travaille mais avec les fêtes qui viennent se greffer là dessus, autant chercher un cluster défectueux dans des téras de SAN.
Question horaire, j'ai essayé le matin mais arriver chez le client à 10h30, ça se voit et terminer plus tard tous les soirs de la semaine pour rattraper, c'est déprimant. Alors maintenant je réclame des crénaux vespéraux, comme tout le monde (pour une fois). Du coup j'empile les déguisements pour la journée. Je dissimule ma chemise sous un pull large et j'enfile et j'ote ma veste en même temps que mon anorak pour que ça ne se voit pas trop. Le plus difficile, c'est de ne pas me faire serrer dans les toilettes en train de me mettre un coup de déo à 17h dans le secret espoir d'arriver un peu plus « frais » à mon entretien.
Le jour dit, il faut rejoindre le lieu du rendez-vous. Et là, deux cas de figure s'opposent. Soit la société est coincée en centre ville et il faut prévoir un bonne vingtaine de minutes de marge qui seront rapidement consommées par la recherche d'une place de parking. Soit la société à décidé de s'expatrier au fin fond d'une banlieu bien glauque, auquel cas il faut prévoir une bonne demi-heure pour palier à la pléthore de demi-tours intempestifs dans des rues sans nom à la numérotation hétéroclite et qui se ressemblent toutes les unes les autres.
Une fois l'immeuble trouvé, l'affaire n'est pas encore gagnée. J'en veux pour exemple une récente expérience. Mais entrons dans le coeur du sujet: l'entretien proprement dit.
La mise en bouche est le plus souvent le remplissage d'un dossier administratif. Nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance, numéro de permis de conduire, de sécurité sociale, nom de jeune fille du père ... Le tout agrémenté des pièces justificatives idoines: photo d'identité, photocopies de la carte d'identité, du dernier diplôme obtenu, justificatif de domicile, dernier bulletin de salaire, certificat de non gage de votre âme ... Étonnant qu'on ne demande pas encore un chèque de banque en caution ! C'est long, fastidieux et quelque peu inhumain. Bienvenue dans Brazil version longue.
Si on n'a vraiement pas de bol, une batterie de tests peut suivre. Test de personnalité, établissement de profil psychologique, évaluation psychotechniques ... En avant pour les suites à compléter pour quantifier votre esprit analytique, les QCM où il faut choisir sa couleur préférée pour savoir si on est plutôt consensuel ou polémique, les questions tordues pour déstabiliser ... Je me suis promis au prochain test dans le genre de systématiquement opter pour « la réponse D » (faute de pouvoir choisir la réponse « Obi-Wan Kenobi »). Enfin, personne n'est encore allé jusqu'à me demander si j'étais puceau, les pieds posés en éventail sur le bureau façon Steve JOBS. C'est toujours ça.
Plus classique, la présentation de la société. Un bla-bla surfait supposé exposer ce qui la différencie des autres sociétés du même genre; à savoir dans les faits: quasiment rien du tout. J'ai tout de même dû subir une fois un défonçage de portes ouverte expliquant le principe de la société de service: nos collaborateurs sont le plus souvent chez le client alors pour qu'ils aient le sentiment d'appartenir à notre société, nous organisons des évenements pour qu'ils puissent se connaître entre eux, se rencontrer en dehors du cadre du travail, échanger sur leurs expériences professionnelles et les technologies qu'ils maîtrisent ... Et moi, bonne poire, j'écoute sans interrompre en me demandant ce que parler ainsi boutique, même autour de boules et de quilles ou de karts, peut avoir de « hors du cadre professionnel ».
Ensuite, c'est à moi de tenir le crachoir en soutenant mon C.V. Je me demande pourquoi je m'entête à présenter ça de façon chronologique. Peut-être parce que c'est ce qu'attend intuitivement mon interlocutrice. Certaines restent le nez sur leur écran à me demander trois fois l'orthographe d'un logiciel que j'ai utilisé et qui est de toute façon déjà en mot-clef dans mon C.V. D'autres me font un grand sourire en hochant la tête de temps à autre mais leur regard vide traduit leur incompréhension. Impossible pour elles de comprendre ce que j'explique. Trop technique. Même les directeurs soi-disant « techniques » ont du mal à me suivre. (Heureusement que je n'ai pas de chaussures montantes, je peux encore les enfiler).
Parfois la présentation s'arrête là. Parfois il faut en plus que j'explique ce que j'attends de mon futur employeur, de ma prochaine mission. Le plus difficile dans cet exercice étant de ne pas laisser transpirer mon moi profond, à savoir que je suis un gros chieur jamais content, qui sait ce qu'il veut (et surtout ce qu'il ne veut pas) et que cela ne correspond que très vaguement aux attentes d'une société de services (à savoir une personnalité maléable et corvéable à merci).
On garde le meilleur pour la fin avec les prétentions salariales (on note le mot « prétentions »: c'est ce qu'on veut, pas forcément ce qu'on obtiendra). Là encore, difficile de trouver le juste équilibre, Siddhartha m'en soit témoin. D'un côté je n'ai pas très envie de me faire à nouveau « exploiter par un profiteur ». D'un autre côté mon principal intérêt jusqu'ici était de n'être pas (trop) cher et je ne veux pas faire peur avec des budgets élyséens.
Tout commence avec un appel téléphonique. Après la traditionnelle entête au protocole de communication inter humain bonjour, la personne annonce généralement ses nom et prénom avec une célérité confinant au subliminal (toujours avoir de quoi prendre des notes sous la main quand on décroche ...). Puis vient systématiquement le sacro-saint je ne vous dérange pas ?. Ben si, pauvre pomme, je suis en pleine réunion de présentation des tableaux de bords des résultats du demi trimestre écoulé. Mais comme j'attendais ton coup de fil avec impatience consommée parce que t'es mon idole, j'avais rentré ta ligne directe dans mon portable rien que pour pouvoir te répondre et je m'en vais laisser poireauter les pontes du directoire. Enfin passons ...
S'ensuit généralement une remise de contexe: on s'était vus au salon machin chose. Je sais, j'ai fait que celui là, banane ! Et on embraye ensuite sur les questions « centre de tri »: est-ce que vous êtes toujours en poste ?, est-ce que vous êtes toujours en recherche ?, est-ce que vous êtes toujours en ligne ?, est-ce qu'on peut se voir ? ... Enfin, on y arrive; il lui en aura fallu du temps. Cela dit c'est toujours mieux qu'avec les filles quand j'étais ado, là je ne suis jamais arrivé jusqu'à cette phase.
La prise de rendez-vous en ce moment est un numéro de funambule jongleur. Force est de constater qu'en ce moment, ça brasse grave. De l'aveu même d'une recruteuse, la période est propice à la recherche de profils expérimentés et pas mal de personnes en poste passent leurs soirées en entretien. Il n'est déjà pas facile de trouver des disponibilités lorsqu'on travaille mais avec les fêtes qui viennent se greffer là dessus, autant chercher un cluster défectueux dans des téras de SAN.
Question horaire, j'ai essayé le matin mais arriver chez le client à 10h30, ça se voit et terminer plus tard tous les soirs de la semaine pour rattraper, c'est déprimant. Alors maintenant je réclame des crénaux vespéraux, comme tout le monde (pour une fois). Du coup j'empile les déguisements pour la journée. Je dissimule ma chemise sous un pull large et j'enfile et j'ote ma veste en même temps que mon anorak pour que ça ne se voit pas trop. Le plus difficile, c'est de ne pas me faire serrer dans les toilettes en train de me mettre un coup de déo à 17h dans le secret espoir d'arriver un peu plus « frais » à mon entretien.
Le jour dit, il faut rejoindre le lieu du rendez-vous. Et là, deux cas de figure s'opposent. Soit la société est coincée en centre ville et il faut prévoir un bonne vingtaine de minutes de marge qui seront rapidement consommées par la recherche d'une place de parking. Soit la société à décidé de s'expatrier au fin fond d'une banlieu bien glauque, auquel cas il faut prévoir une bonne demi-heure pour palier à la pléthore de demi-tours intempestifs dans des rues sans nom à la numérotation hétéroclite et qui se ressemblent toutes les unes les autres.
Une fois l'immeuble trouvé, l'affaire n'est pas encore gagnée. J'en veux pour exemple une récente expérience. Mais entrons dans le coeur du sujet: l'entretien proprement dit.
La mise en bouche est le plus souvent le remplissage d'un dossier administratif. Nom, prénom, adresse, date et lieu de naissance, numéro de permis de conduire, de sécurité sociale, nom de jeune fille du père ... Le tout agrémenté des pièces justificatives idoines: photo d'identité, photocopies de la carte d'identité, du dernier diplôme obtenu, justificatif de domicile, dernier bulletin de salaire, certificat de non gage de votre âme ... Étonnant qu'on ne demande pas encore un chèque de banque en caution ! C'est long, fastidieux et quelque peu inhumain. Bienvenue dans Brazil version longue.
Si on n'a vraiement pas de bol, une batterie de tests peut suivre. Test de personnalité, établissement de profil psychologique, évaluation psychotechniques ... En avant pour les suites à compléter pour quantifier votre esprit analytique, les QCM où il faut choisir sa couleur préférée pour savoir si on est plutôt consensuel ou polémique, les questions tordues pour déstabiliser ... Je me suis promis au prochain test dans le genre de systématiquement opter pour « la réponse D » (faute de pouvoir choisir la réponse « Obi-Wan Kenobi »). Enfin, personne n'est encore allé jusqu'à me demander si j'étais puceau, les pieds posés en éventail sur le bureau façon Steve JOBS. C'est toujours ça.
Plus classique, la présentation de la société. Un bla-bla surfait supposé exposer ce qui la différencie des autres sociétés du même genre; à savoir dans les faits: quasiment rien du tout. J'ai tout de même dû subir une fois un défonçage de portes ouverte expliquant le principe de la société de service: nos collaborateurs sont le plus souvent chez le client alors pour qu'ils aient le sentiment d'appartenir à notre société, nous organisons des évenements pour qu'ils puissent se connaître entre eux, se rencontrer en dehors du cadre du travail, échanger sur leurs expériences professionnelles et les technologies qu'ils maîtrisent ... Et moi, bonne poire, j'écoute sans interrompre en me demandant ce que parler ainsi boutique, même autour de boules et de quilles ou de karts, peut avoir de « hors du cadre professionnel ».
Ensuite, c'est à moi de tenir le crachoir en soutenant mon C.V. Je me demande pourquoi je m'entête à présenter ça de façon chronologique. Peut-être parce que c'est ce qu'attend intuitivement mon interlocutrice. Certaines restent le nez sur leur écran à me demander trois fois l'orthographe d'un logiciel que j'ai utilisé et qui est de toute façon déjà en mot-clef dans mon C.V. D'autres me font un grand sourire en hochant la tête de temps à autre mais leur regard vide traduit leur incompréhension. Impossible pour elles de comprendre ce que j'explique. Trop technique. Même les directeurs soi-disant « techniques » ont du mal à me suivre. (Heureusement que je n'ai pas de chaussures montantes, je peux encore les enfiler).
Parfois la présentation s'arrête là. Parfois il faut en plus que j'explique ce que j'attends de mon futur employeur, de ma prochaine mission. Le plus difficile dans cet exercice étant de ne pas laisser transpirer mon moi profond, à savoir que je suis un gros chieur jamais content, qui sait ce qu'il veut (et surtout ce qu'il ne veut pas) et que cela ne correspond que très vaguement aux attentes d'une société de services (à savoir une personnalité maléable et corvéable à merci).
On garde le meilleur pour la fin avec les prétentions salariales (on note le mot « prétentions »: c'est ce qu'on veut, pas forcément ce qu'on obtiendra). Là encore, difficile de trouver le juste équilibre, Siddhartha m'en soit témoin. D'un côté je n'ai pas très envie de me faire à nouveau « exploiter par un profiteur ». D'un autre côté mon principal intérêt jusqu'ici était de n'être pas (trop) cher et je ne veux pas faire peur avec des budgets élyséens.
Chemin de croix
Ce jour là, j'avais rendez-vous pour un entretien. J'arrive non sans mal pil à l'heure au pied de l'immeuble. Je sonne à l'interphone pendant 5 à 10 minutes sans réponse. C'est finalement un indigène qui m'ouvre en sortant pour rentrer chez lui.
Ayant pénétré dans le hall de l'immeuble, je recherche tout naturellement le nom de la société sur les boîtes aux lettres pour me renseigner sur l'étage auquel me rendre. Et là, rien. Je cherche l'ascenceur des yeux et je tombe fort à propos sur une pancarte « accueil » de la société.
Enfin « pancarte », c'est un bien grand mot ... tout juste une feuille A4 landscape imprimée sur une jet d'encre d'entrée de gamme. Le logo de la société est upscalé à outrance sans interpolation d'aucune sorte. L'agglomérat de pixels en patataoïde qui en résulte est tout juste reconnaissable.
Je me dirige vers la porte qui m'est indiquée et qui n'est pas même fermée. Derrière: un couloir vide; sur lequel donnent des fenêtres de bureaux aux stores dûement baissés. Bonjour l'accueil. Je m'assois et j'attends sagement qu'on vienne me chercher en reprennant mon dernier livre en cours au chapitre où je m'en était arrêté la veille en m'endormant.
Las, nulle âme charitable ne vient m'enlever à ma lecture. Alors au bout de 5 minutes, m'impatientant, j'ose aller frapper à la porte d'un des bureaux. Pas de réponse. J'ouvre tout de même et demande Madame Machin, la recruteuse avec laquelle j'ai rendez-vous. Réponse laconique d'un des éléments de ce qui semble être un mini pool de secrétariat: « je ne la connais pas, allez voir dans les étages ». Quel étage ? Et bien ma foi ... tous ceux occupés par la société. L'intégralité de l'immeuble pour ainsi dire.
En route pour un lift --scan floor* !
Premier étage: plateau de développements, jeunes diplômés, silence de mort. Ils doivent jouer au cimetierre pour se détendre en fin de semaine. Quoi qu'il en soit, ça ne doit pas être là.
Second étage, les portes de l'ascenceur s'ouvrent directement sur ce qu'il est convenu d'appeler un débarras. Pêle-mêle, s'entassent des chaises en plastique cassées et des chutes de panneaux d'isolation thermique jonchent le sol, constellé ça et là d'autres joyeusetés que personne n'a osé prendre la responsabilité de porter à la déchetterie la plus proche. Et au milieu de tout cela, sans même une porte de séparation, le hall d'entrée d'une des filiales du groupe. Le regard halluciné et le cerveau encore occupé à essayer de se remettre de cette vision surréaliste, mon doigt trouve tout seul le bouton de l'étage suivant.Putain on aurait dit mon appart' !
Troisième. Encore un plateau. Cette fois, je me tape l'incrust. Personne ne tique à mon arrivée et je dois apostropher un employé pour lui demander s'il connaît la personne que je recherche. Encore une réponse négative: « si c'est pour un recrutement, vous pouvez peut être essayer le dernier étage ». Ben oui ! De toute façon si ce n'est pas le bon, je pourrais toujours redescendre hein ... Je savais que j'aurais dû aller voir un walkthrough sur gamefaqs ...
Arrivé au dernier étage, pas de sonnette à la porte. J'ouvre. Elle n'est pas fermée. Tout le monde rentre donc ici comme dans un moulin ? L'entrée sert de salle d'attente. Toujours personne pour m'accueillir. Ayant déjà 20 bonnes minutes de retard suite à mes pérégrinations je décide de ne pas me faire une seconde salle d'attente pour rien. Je me dirige vers le premier bureau visible et je demande à la personne qui s'y trouve.
Et là, ô miracle, enfin quelqu'un qui connait mon interlocutrice ... Ça n'aura pas été
sans mal.
Et le plus drôle dans tout cela ? Après la moitié des étages et plusieurs employés qui ne la connaissaient pas, la recruteuse osera me sortir le sempiternel « société à taille humaine » pour ne pas déroger aux us en vigueur.
Ayant pénétré dans le hall de l'immeuble, je recherche tout naturellement le nom de la société sur les boîtes aux lettres pour me renseigner sur l'étage auquel me rendre. Et là, rien. Je cherche l'ascenceur des yeux et je tombe fort à propos sur une pancarte « accueil » de la société.
Enfin « pancarte », c'est un bien grand mot ... tout juste une feuille A4 landscape imprimée sur une jet d'encre d'entrée de gamme. Le logo de la société est upscalé à outrance sans interpolation d'aucune sorte. L'agglomérat de pixels en patataoïde qui en résulte est tout juste reconnaissable.
Je me dirige vers la porte qui m'est indiquée et qui n'est pas même fermée. Derrière: un couloir vide; sur lequel donnent des fenêtres de bureaux aux stores dûement baissés. Bonjour l'accueil. Je m'assois et j'attends sagement qu'on vienne me chercher en reprennant mon dernier livre en cours au chapitre où je m'en était arrêté la veille en m'endormant.
Las, nulle âme charitable ne vient m'enlever à ma lecture. Alors au bout de 5 minutes, m'impatientant, j'ose aller frapper à la porte d'un des bureaux. Pas de réponse. J'ouvre tout de même et demande Madame Machin, la recruteuse avec laquelle j'ai rendez-vous. Réponse laconique d'un des éléments de ce qui semble être un mini pool de secrétariat: « je ne la connais pas, allez voir dans les étages ». Quel étage ? Et bien ma foi ... tous ceux occupés par la société. L'intégralité de l'immeuble pour ainsi dire.
En route pour un lift --scan floor* !
Premier étage: plateau de développements, jeunes diplômés, silence de mort. Ils doivent jouer au cimetierre pour se détendre en fin de semaine. Quoi qu'il en soit, ça ne doit pas être là.
Second étage, les portes de l'ascenceur s'ouvrent directement sur ce qu'il est convenu d'appeler un débarras. Pêle-mêle, s'entassent des chaises en plastique cassées et des chutes de panneaux d'isolation thermique jonchent le sol, constellé ça et là d'autres joyeusetés que personne n'a osé prendre la responsabilité de porter à la déchetterie la plus proche. Et au milieu de tout cela, sans même une porte de séparation, le hall d'entrée d'une des filiales du groupe. Le regard halluciné et le cerveau encore occupé à essayer de se remettre de cette vision surréaliste, mon doigt trouve tout seul le bouton de l'étage suivant.Putain on aurait dit mon appart' !
Troisième. Encore un plateau. Cette fois, je me tape l'incrust. Personne ne tique à mon arrivée et je dois apostropher un employé pour lui demander s'il connaît la personne que je recherche. Encore une réponse négative: « si c'est pour un recrutement, vous pouvez peut être essayer le dernier étage ». Ben oui ! De toute façon si ce n'est pas le bon, je pourrais toujours redescendre hein ... Je savais que j'aurais dû aller voir un walkthrough sur gamefaqs ...
Arrivé au dernier étage, pas de sonnette à la porte. J'ouvre. Elle n'est pas fermée. Tout le monde rentre donc ici comme dans un moulin ? L'entrée sert de salle d'attente. Toujours personne pour m'accueillir. Ayant déjà 20 bonnes minutes de retard suite à mes pérégrinations je décide de ne pas me faire une seconde salle d'attente pour rien. Je me dirige vers le premier bureau visible et je demande à la personne qui s'y trouve.
Et là, ô miracle, enfin quelqu'un qui connait mon interlocutrice ... Ça n'aura pas été
sans mal.
Et le plus drôle dans tout cela ? Après la moitié des étages et plusieurs employés qui ne la connaissaient pas, la recruteuse osera me sortir le sempiternel « société à taille humaine » pour ne pas déroger aux us en vigueur.
19 décembre 2007
Mon commercial
Une haute stature, un teint hâlé, des tempes grisonnantes, un costume tiré à quatres épingles et un sourire sournois. Vous aurez reconnu le portrait robot d'un commercial.
Le mien ressemble à peu près à ça et, malgré des centres d'intérêts communs qui avaient posé des fondations correctes à notre relation de travail, plus j'apprends à le connaître et moins je l'apprécie.
Comme beaucoup, il utilise des ficelles grosses comme des cordes d'alpinisme pour chercher à me refourguer la mission pourrie qui vient malheureusement pour lui de lui tomber sur le coin de la gueule. Dommage pour sa pause cloppe.
Il fait pourtant des efforts considérables pour ne pas être emmerdé avec des clients. Le niveau de prospection approche la barre du zéro Kelvin. Je devrais peut-être lui suggérer de mettre le numéro de fax de l'agence sur liste rouge histoire que de futurs hypothétiques clients ne risquent pas de nous retrouver sur les pages jaunes.
Lors de mon entretien annuel, j'avais utilisé l'expression "mission technique-only" pour conceptualiser mes apétences professionnelles et, je ne sais pourquoi ni comment, il a bien imprimé cette expression. Du coup il en use et en abuse; sans doute dans le vain espoir de me faire croire qu'il prend en compte mes doléances.
Récemment, il a cherché à me vendre 6 mois de formalisation de besoin et de rédaction de cahier des charges comme une mission "technique-only". Comme tentative de manipilation, c'est relativement pathétique. On retrouve les archétypes si bien décrits dans le livre noir du consulting (l'auteur en étant anonyme, je ne pourrai pas lui envoyer un petit mot gentil pour le prévenir que je le cite).
Je ne sais pas si c'est le début d'une dépression induite par la période des fêtes, mais je me sens blasé de ces méthodes grossières, à la limite de l'insulte à mon intelligence. Moi qui m'estimait peu apte à l'humain, je me retrouve parfois avec des éclairs de conscience fulgurants étalant en une fraction de seconde les incohérences du discours qu'on me sert. Je vieillis et la mayonnaise ne prend plus. C'est sans doute aussi pour cela que mon commercial ne fait rien pour chercher à me garder alors qu'il sait pertinemment que je suis sur le départ.
Le mien ressemble à peu près à ça et, malgré des centres d'intérêts communs qui avaient posé des fondations correctes à notre relation de travail, plus j'apprends à le connaître et moins je l'apprécie.
Comme beaucoup, il utilise des ficelles grosses comme des cordes d'alpinisme pour chercher à me refourguer la mission pourrie qui vient malheureusement pour lui de lui tomber sur le coin de la gueule. Dommage pour sa pause cloppe.
Il fait pourtant des efforts considérables pour ne pas être emmerdé avec des clients. Le niveau de prospection approche la barre du zéro Kelvin. Je devrais peut-être lui suggérer de mettre le numéro de fax de l'agence sur liste rouge histoire que de futurs hypothétiques clients ne risquent pas de nous retrouver sur les pages jaunes.
Lors de mon entretien annuel, j'avais utilisé l'expression "mission technique-only" pour conceptualiser mes apétences professionnelles et, je ne sais pourquoi ni comment, il a bien imprimé cette expression. Du coup il en use et en abuse; sans doute dans le vain espoir de me faire croire qu'il prend en compte mes doléances.
Récemment, il a cherché à me vendre 6 mois de formalisation de besoin et de rédaction de cahier des charges comme une mission "technique-only". Comme tentative de manipilation, c'est relativement pathétique. On retrouve les archétypes si bien décrits dans le livre noir du consulting (l'auteur en étant anonyme, je ne pourrai pas lui envoyer un petit mot gentil pour le prévenir que je le cite).
Je ne sais pas si c'est le début d'une dépression induite par la période des fêtes, mais je me sens blasé de ces méthodes grossières, à la limite de l'insulte à mon intelligence. Moi qui m'estimait peu apte à l'humain, je me retrouve parfois avec des éclairs de conscience fulgurants étalant en une fraction de seconde les incohérences du discours qu'on me sert. Je vieillis et la mayonnaise ne prend plus. C'est sans doute aussi pour cela que mon commercial ne fait rien pour chercher à me garder alors qu'il sait pertinemment que je suis sur le départ.
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